L’illusion du CV
Italienne par hasard, journaliste par choix.
On ne résume pas trente ans de métier en une petite page, quelle que soit l'illusion d'optique promise par l'exercice du curriculum vitae. Pardonnez-moi, quelle impolitesse : je ne me suis même pas présentée… Je m'appelle Selene Verri et je suis la fondatrice de Phaeluna.
Je disais donc : on ne résume pas trente ans de carrière en une seule page, mais il me faut bien me prêter à l'exercice pour ne pas vous assommer. Voici quelques étapes essentielles de mon parcours. Si la curiosité vous pique, vous pouvez consulter mon portfolio, faire une recherche sur Google, ou tout simplement me contacter.
Parcours
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À sept ans, je décide de devenir journaliste… pour les mauvaises raisons. Déjà passionnée par l'écriture, j'annonce à mon institutrice que je veux être autrice. N'étant pas aveugle aux réalités du monde, elle me conseille de choisir une profession qui me permettrait d'écrire tout en gagnant ma vie, et me suggère le journalisme. Dans les turbulentes années 1970, le journalisme est encore un métier lucratif, notamment parce que les journalistes sont encore une denrée rare.
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Il me faudra près de vingt ans pour concrétiser cette ambition, dans le Milan des années 1990, où je me forme à l'Istituto per la Formazione al Giornalismo (IFG) Carlo De Martino. En chemin, je tombe amoureuse du journalisme lui-même, bien au-delà du seul acte d'écrire. Mon tempérament y joue sans doute un rôle majeur : une quête viscérale de vérité et de cohérence, ainsi qu'un besoin profond d'aventure et de perspectives variées.
Stagiaire, je mets à rude épreuve la patience de Demetrio Volcic, rédacteur en chef chevronné. Pourtant, au cours de ces trois premiers mois d'été, je réussis à interviewer par téléphone des personnalités allant du cinéaste Franco Zeffirelli à l'ancien président du Conseil italien Giulio Andreotti.
À Radio Popolare, pendant trois ans, je couvre tout ce qui me tombe sous la main, des élections en Albanie au dopage dans le football. Je me sens particulièrement utile lorsqu'on me confie la couverture des catastrophes naturelles : incendies, inondations, séismes… Je crée un fichier répertoriant tous les numéros directs des pompiers, de la police, de la protection civile… Un fichier que la rédaction utilisera pendant des années, bien après mon départ.
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En 2000 commence le chapitre Euronews, une période qui durera un quart de siècle, avec des hauts et des bas, des allées et venues, des piges, des CDD et, finalement, un CDI que je n'ai jamais voulu. Beaucoup de desk, et pendant longtemps peu de satisfactions.
Dès 2002, lassée d'attendre qu'on m'envoie sur le terrain, je prends les devants : j'accepte, à titre personnel, une invitation qui, presque par hasard, me conduit à Diyarbakır. Là-bas, mon cœur tombe amoureux du peuple kurde et ma raison, de son côté, comprend que les relations entre l'UE et la Turquie vont devenir cruciales. À mon retour, le matériel rapporté de Turquie me permet de travailler en tant que journaliste indépendante pour plusieurs médias, dont Avvenimenti et Campus Web. Je commence alors à enquêter en profondeur — en voyageant, en me documentant et en rencontrant des universitaires, des membres de la société civile et des responsables politiques.
En 2006, Orhan Pamuk reçoit le prix Nobel de littérature. En 2007, lors de sa tournée européenne (il est membre du jury du Festival de Cannes), ma rédactrice en chef me demande si je veux tenter de l'interviewer. Je tente ma chance, mais c'est Der Spiegel qui obtient l'exclusivité. Je n'abandonne pas pour autant. Je poursuis cette piste pendant deux ans et, en 2009, je le rencontre enfin à Lyon, où je suis la seule journaliste à obtenir une interview avec lui, toujours pour Euronews.
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En 2015, je me rends au Rojava (Kurdistan syrien) pendant le conflit contre Daech. Avec une amie cadreuse, Magali Magnin, nous réalisons un documentaire indépendant centré sur les femmes. S'il est impossible de faire l'impasse sur la guerre, notre objectif est de montrer comment ces femmes bâtissent activement une gouvernance civile et la paix. Il nous faudra cinq ans pour achever le film, The Flowers of Rojava – A Feminist Revolution in Northern Syria.
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En 2017, les éditions Delos Digital publient mon livre numérique Nelle piaghe del Leone, qui retrace mes voyages aux frontières du Kurdistan ; une édition papier suit en 2019.
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En 2021, je quitte Euronews et, l'année suivante, je rejoins l'équipe pédagogique de l'Université Lumière Lyon 2 comme enseignante associée (2022–2025), avant de continuer à y intervenir comme vacataire.
Parallèlement, je reprends ma collaboration avec Euronews pour le magazine Smart Regions, qui me permet de découvrir des projets européens véritablement novateurs. Depuis 2017, je couvre également des projets de recherche européens pour la plateforme Youris, gérée par la Fondation ICONS.
Dans les deux cas, ces sujets exigent une passion pour la science, la technologie et leurs retombées concrètes sur la société — un enthousiasme que je cultive depuis l'enfance en tant que lectrice passionnée de science-fiction sous toutes ses formes.
Après avoir dispensé plus de 300 heures de cours et vécu trois années riches en enseignements, je décide de me consacrer principalement à Phaeluna tout en poursuivant mes cours à l'université, afin d'apporter mon expérience là où elle est la plus utile : comme journaliste, formatrice ou modératrice.
En images
La liberté par la vérité
Ma carrière s'est construite sur le terrain, ancrée dans un seul engagement : la recherche de ce qui se cache derrière les faits et la quête de vérité. Car il n'y a pas de liberté de choix ou de pensée sans une connaissance rigoureuse de la réalité. Du journalisme d'analyse et de décryptage aux reportages internationaux dans des contextes de crise, des rédactions européennes comme Euronews jusqu'à l'émergence de l'intelligence artificielle, mon parcours confirme une certitude : la technologie la plus puissante reste la capacité humaine à poser les bonnes questions.
Naviguer entre plusieurs langues, cultures et outils numériques m'est naturel, et mon esprit neurodivergent y est pour beaucoup : il trouve de l'ordre dans la complexité et perçoit des liens là où d'autres ne voient que du bruit. L'IA n'est pas entrée dans mes pratiques pour remplacer ce processus, mais pour l'amplifier.
Caricature :
Etienne Barthomeuf
📁 Envie de découvrir mon travail de journaliste ? Voici mon portfolio (en anglais).
L'origine de Phaeluna : l'histoire du nom
Pourquoi Phaeluna ?
Derrière le nom Phaeluna, il y a trois hommes, dont deux s'appellent Piero :
Mon père (Pierluigi, en réalité, mais tout le monde l'appelle Piero… ou Pierino). À l'origine de mon prénom, Selene (la lune).
Le regretté Piero Scaramucci. Directeur de Radio Popolare à l'époque où j'y collaborais, il m'avait surnommée Falena (le papillon de nuit) parce que j'avais des horaires impossibles : il me croisait l'après-midi à l'école de journalisme où je travaillais comme tutrice, alors que j'avais pris mon service à la radio à 5 heures du matin ; et quelques jours plus tard, c'était moi qui fermais la rédaction à 2 heures du matin.
Markus Leicht. Un ami du milieu de la science-fiction, libraire et écrivain, qui a repéré mon ancien pseudonyme (phalaena) sur LiveJournal et a décidé de s'en emparer pour le retravailler dans son livre Péronnik l'Idiot. Eh oui, Phaeluna est l'un des personnages du roman : une journaliste enlevée dans un endroit appelé « Tuquie » (sic !) par des terroristes qui finissent par la relâcher, exaspérés par sa faim insatiable non pas de vérité journalistique, mais de… kebabs !
Et le plus amusant, c'est que selon Google Gemini (l'IA générative) :
« Le nom Phaeluna associe la racine grecque Phae- (lumière, clarté, manifestation) à l'élément Luna (symbole d'intuition, de curiosité et de guide dans les phases d'ombre et de transformation). »
Ça me va très bien comme ça.
Phaeluna a été fondée pour répondre à un besoin précis de notre époque : éclairer le changement technologique sans perdre le cap humain.
Aujourd'hui, Phaeluna, c'est moi, entourée de personnes qui collaborent avec moi et d'outils d'IA que j'emploie sous supervision humaine. C'est pourquoi, ailleurs sur ce site, Phaeluna dit « nous ».
Note sur l'identité et le langage
Dans ces pages, je parle de moi au féminin. J'utilise le féminin comme je l'utiliserais pour une chaise, une voiture ou la peur : un genre grammatical, et c'est tout. En tant que personne non binaire ou agenre, le seul genre auquel j'ai le sentiment d'appartenir est le genre humain. Et parfois, j'ai même un doute là-dessus.
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Dernière mise à jour : octobre 2026